"Ils auraient voulu, parfois, que tout dure, que rien ne bouge. Ils n’auraient qu’à se laisser aller. Leur vie les bercerait. Elle s’étendrait au fil des mois, des années, sans changer presque sans jamais les contraindre. Elle ne serait que la suite harmonieuse des journées et des nuits, une modulation presque imperceptible, la reprise incessante des mêmes thèmes, un bonheur continu, une saveur perpétuée que nul bouleversement, nul événement tragique, nulle péripétie ne remettraient en question. D’autres fois, ils n’en pouvaient plus." Méditation d’Oriane (Bic noir ordinaire) : je pense parfois qu’écrire un livre pourrait ne consister qu’à puiser dans la base de donnée de ce qui a déjà été écrit. Marc Hodges écrit quelque chose comme ça d’ailleurs, quelque part, dans une nouvelle intitulée La bibliothèque (Le sens de la vie) et exprime une idée approchante en scène dans La disparition du Général Proust (mais est-ce bien de lui ?). Toute littérature n’est qu’un immense recyclage…
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